Christine est
toujours vêtue de son smoking. Elle aime rappeler qu'elle n'est qu'un Faux
Queen, un imposteur.
Avec une facilité et une grâce déconcertante,
Christine propose les règles du jeu. Elle sera ce
personnage androgyne, enfant illégitime de Klaus Nomi et Andy Kaufman. Elle défendra
seule les couleurs chatoyantes d'un groupe fantastique et fantasmatique, Christine
and the Queens.
Les Drag Queens londoniennes dont elle a fait le
connaissance avant de composer son projet sont des modèles absolus. Elles
refusent de participer directement au projet ? Christine travaillera alors sa voix
pour se créer les choeurs qui lui manquent sans oublier que ce sont elles qui
lui ont donnée l'envie de créer une pop électronique universelle,
résolument tubesques, sans jamais renoncer à l'exigence d'une esthétique
fouillée. Paire de ciseaux brandie, bois de cerf, murmures
etsutures, les Queens sont
des marraines invisibles qui nourrissent l’imagination. Tout le reste est
fabriqué par Christine herself.
Sur scène : un micro, un ordinateur. Le
pari pourrait semblé risqué pour les uns , audacieux pour les autres. Elle
dirait sans que tout cela est "très Freacky ". Il y a chez elle l'impressionnante énergie
de la démesure, le glamour n'est jamais très loin de la parodie, le déhanchement
féminin a quelque chose de très viril, les chansons tristes sont pailletées et
les mélodies lyriques frôlent toujours le subversif : " Je ne sens pas très
bon, ouais, mais je suis belle " clame t-elle toujours à la fin de son
spectacle.
Aux commandes d'un projet qui mêlent
musique, performance, vidéo, dessin et photographie, Christine aime se mettre en danger.