En 2007, le duo Mai, dépose l’album « Still Need A Kiss » au seuil du printemps qui lui a donné son nom. La voix de la chanteuse Johanna Wedin, tout juste débarquée à Paris depuis sa Suède natale, semble alors encore emmitouflée au creux de musiques minimales et minérales, sensibles aux givres de l’électro (Portishead) comme aux brises nocturnes de la country mélancolique des Cowboys Junkies. Bientôt, Dorian Dumont (The Teenagers), l’alter-ego des débuts, cède la place à Frédéric Fortuny (ex-Autour de Lucie) et en 2010, un nouveau chapitre s’ouvre avec le bien nommé ep « Silent Seduction ».
Cette fois, nul besoin de fendiller la glace pour que la séduction opère, quatre compositions originales assortie d’une reprise de Dylan autrefois adaptée par Fairport Convention montrant clairement une autre voie pour Mai, celle du folk anglais ensorcelé des années 60/70. Johanna et Frédéric décident alors de changer encore d’horizon pour un nouveau cycle de chansons que l’on découvre aujourd’hui sur ce nouveau ep, « Sweet Unrest ».
Ouvertement plus solaire et volontiers uptempo, résolument pop dans son approche, il offre en autant de parutions un troisième angle de vue sur les émois de Mai. Le duo a encore su tirer des fluides personnels de ces sources d’inspiration. Leurs mélodies, longtemps molletonnées dans des contre-jours craintifs, n’hésitent plus à éblouir (« Teeny Tiny », « Is There Someone To Save Us »), à laisser éclore leurs penchants les plus séducteurs. Même lorsqu’ils s’abandonnent aux douces rêveries et retrouvent leur édredon folk (« Something Anything », « Big Fish, Small Bird »), c’est avec l’apaisement d’avoir franchi une étape décisive dans la marche discrète et patiente d’une carrière qui n’en est encore qu’au printemps.