Tandis que Nabokov
évoquait les Nymphettes, le peintre et écrivain américain Henry Darger
dépeignait les Vivian Girls. Un nom aguicheur et une référence à l’un
des génies méconnus du siècle dernier pour ces trois sirènes de la
noise pop. Une blonde, une brune et une rousse, dans la digne lignée
des trios de choc les trois newyorkaises n’ont pas fini de faire parler
d’elles. Et tout est dans le titre : un savant mélange de candeur et de
provoc. Rappelant Jesus & Mary Chain, The Vaselines, Black
Tambourine, ou encore Shop Assistants, les Vivian Girls ajoutent aux
guitares vrombissantes, des rythmes intemporels et des voix empreintes
d’échos ensorceleurs. Si les trois sulfureuses n’inventent rien, leurs
compositions appartiennent à ces recettes magiques qui accrochent comme
par nécessité les adeptes de l’underground. Rafraichissantes, elles
sont un peu comme une grande claque à la face deceux qui auraient succombé à la surenchère.